Catégorie : Drone

Altran détecte les drônes

L’ingénieriste français présente au salon du Bourget un radar à technologie holographique. Une innovation qui permet de détecter des drones à une distance de dix kilomètres et de suivre leur trajectoire. C’est le radar que tout le monde attendait. Au salon du Bourget, la société Aveillant présente une technologie révolutionnaire baptisée « radar holographique ». « Contrairement aux radars giratoires classiques, qui balayent le ciel avec un faisceau laser toutes les quatre à dix secondes, notre technologie holographique illumine le ciel en permanence. C’est un flux continu qui nous permet de détecter et de surveiller toutes les cibles en même temps », détaille David Crisp, PDG de cette spin-off de Cambridge Consultants, filiale du groupe Altran. Ce fonctionnement en continu permet au radar d’Aveillant de ne plus lâcher sa cible une fois qu’il l’a détectée. Reste donc à détecter les drones. « Notre radar est suffisamment précis pour détecter un drone de un kilo à une distance de un kilomètre. Nous pouvons même compter le nombre de ses hélices », assure David Crisp. Contrairement au radar giratoire, qui donne des positions à intervalles de temps réguliers, la trajectoire de la cible est ici enregistrée en continu et en trois dimensions. Impossible donc de confondre un drone avec un oiseau. On peut même imaginer suivre le drone jusqu’à son lieu d’atterrissage pour identifier le pilote, d’autant que les drones pourront être suivis jusqu’à une altitude de six mètres. Cette technologie, qui utilise un émetteur de lumière en bande L (longueur d’onde de 30 à 15 centimètres), Aveillant l’avait développée à l’origine pour résoudre un autre problème des radars giratoires : la perte de visibilité quand les avions passent au dessus des champs d’éoliennes. Pour répondre à la demande de surveillance anti-drone, il en a développé une nouvelle version, plus compacte et facile à installer dans des zones urbaines, et configurable pour une surveillance allant de 90 à 360 degrés.

Dassault Aviation pourrait perdre le marché des drones de surveillance

Avec la remise à plat du dossier drone de surveillance, Dassault Aviation n’est plus sûr de décrocher le marché. Le nouveau ministre de la Défense a promis une décision avant le 14 juillet. Dans la foire permanente aux drones en France, il y aura de nouveaux perdants… Un suspense dont Dassault Aviation se serait bien passé. Mais depuis que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a décidé de remettre à plat le dossier du drone de surveillance intérimaire Male (Moyenne Altitude, Longue Endurance), pourtant quasi acquis à l’avionneur, le constructeur du Rafale ronge pour le moment son frein en attendant une décision avant le 14 juillet. « On comprend bien les impératifs du nouveau gouvernement, on attend de manière très sereine ses premières décisions », a déclaré à un point presse, le directeur général international de Dassault Aviation, Eric Trappier. « S’il y a un besoin, on est une force de proposition. C’est sur la table », a-t-il affirmé.

L’été dernier, Dassault Aviation l’avait emporté sur son grand rival, le groupe européen EADS, qui proposait le drone Talarion à plusieurs gouvernements européens. Le précédent ministre de la Défense, Gérard Longuet, avait décidé d’entrer en négociations avec l’avionneur, qui proposait la francisation d’une plateforme israélienne Heron TP, rebaptisée promptement Voltigeur au salon Eurosatory, en vue de remplacer les drones Harfang (plateforme israélienne) fabriqués par EADS et en bout de vie. Le constructeur tricolore, qui attendait la notification de ce contrat, espère vendre trois systèmes de trois ou quatre unités chacun à la France. Mais le gouvernement Ayrault a décidé de rebattre les cartes d’une façon générale dans l’industrie de la défense, sur laquelle il estime que Dassault Aviation exerce une trop grande influence.

Eric Trappier a indiqué qu’il faudrait au minimum deux ans après la décision pour livrer le Voltigeur, sur la base du drone israélien Heron TP fabriqué par Israeli Aerospace Industries (IAI), avec qui il a créé un joint-venture (51 % Dassault Aviation, 49 % IAI). Si la commande porte sur un modèle à plus fort contenu français, il faudra plus longtemps et ce sera plus cher, a-t-il précisé. « On peut facilement doubler les délais si on change beaucoup de choses », a précisé Eric Trappier. Il fait notamment référence aux systèmes de liaisons satellites pour lesquelles Zodiac Aerospace serait « un bon candidat » et aux radars qui pourraient être israéliens et/ou fournis par Thales, dont Dassault Aviation détient 26 %. Selon la demande, Dassault Aviation peut franciser entre 0 et 50 % de la plateforme israélienne.

Pourtant le communiqué du ministère de la Défense du 21 juillet était clair. Le nouveau système de drone MALE devait être fourni aux armées françaises en 2014, était-il écrit. Loin des quatre ans suggérés par Eric Trappier. Et Dassault Aviation proposait bien « une version francisée et évolutive du Heron TP en coopération avec la société israélienne IAI. Le développement de la solution F-Heron TP impliquera, autour de Dassault Aviation, plusieurs entreprises françaises au travers d’activités de haute valeur ajoutée, générant emplois et transferts de savoir-faire sur le territoire national. L’implication de ces entreprises va permettre de commencer à structurer une filière industrielle en préparation du futur système de drones MALE franco-britannique ».

1er tests validés pour le Boeing Phantom Eye

boeing phantom eyeLe Boeing Phantom Eye, drone américain, a effectué son premier vol autonome le 1er Juin sur la base de Dryden à Edwards. Le vol dura 28 minutes. L’avion sans pilote est mu par un moteur à hydrogène liquide. Il est monté à 4000 pieds à une vitesse relativement tranquille de 62 nœuds. Puis le Phantom Eye est redescendu pour atterrir et a subi quelques dommages sur cette phase alors que le train avant s’est enfoncé dans le sol et s’est cassé. Ce test indique néanmoins la poursuite des recherches de nouveaux engins de surveillance, reconnaissance et intelligence qui sont capables d’être déployé sur des théâtres d’opération. Le plus de ce programme, qui marque une véritable avancée, est le fait que le Phantom Eye est autonome, avec une capacité de 4 jours sans ravitaillement. L’objectif est de valider la technologie et l’aérodynamique afin de les transposer notamment sur des appareils de reconnaissance et d’attaque ainsi que de soutien au sol. La prochaine étape du programme sera notamment des vols en haute altitude.